Atelier-débat : le PIB est-il un bon indicateur de santé économique ?

Date/heure
Date(s) - 13/09/2018
18h00mn - 20h00mn

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Thème  : le PIB est-il un bon indicateur de santé économique ?

Atelier-débat autour de la conférence du 06/09/2018 : La faillite annoncée de la société industrielle

Principe : Les participants sont invités à réagir à une série de questions ou de propositions polémiques constituant des amorces ou pistes de débat. En début de réunion, chaque participant peut également proposer son propre texte polémique ou questionnement. Plus d’info : Charte et méthodologie du débat citoyen


Présentation : Le PIB, c’est à dire le produit intérieur brut, est l’un des agrégats majeurs des comptes nationaux. Il vise à quantifier la valeur totale de la « production de richesse » effectuée par les agents économiques résidant à l’intérieur de ce territoire (ménages, entreprises, administrations publiques). Le PIB est donc censé refléter l’activité économique interne d’un pays et la variation du PIB d’une période à l’autre est censée mesurer son taux de croissance économique. Il y a 3 méthodes de calcul du PIB

1ère méthode : le calcul par les dépenses, soit

  • + Dépenses de consommation
  • + Dépenses gouvernementales
  • + Investissements privés et publics
  • + Exportations
  • – Importations

2ème méthode : le calcul par les revenus, soit

  • + Rémunération des salariés
  • + Autres revenus (locatifs, intérêts, dividendes)
  • + Profit des entreprises (dont travailleurs non salariés – TNS)
  • + Impôts sur les produits et les importations

3ème méthode : le calcul par la valeur ajoutée, soit

  • + somme des valeurs ajoutées
  • + impôts sur les produits
  • – subventions sur les produits

A en croire le livret de l’INSEE (Institut National des Statistiques et Etudes Economiques) intitulé précisément « A quoi sert le PIB ? », ce dernier serait « un indicateur de santé de l’économie française ». Cette définition entraîne naturellement le corollaire qu’une croissance du PIB d’une année sur l’autre est un indicateur de bonne santé de l’économie sur la période considérée, et, en revanche, qu’une décroissance du PIB est un indicateur de mauvaise santé.

Proposition 1 : En réalité, ces trois modes de calcul ne sont pas forcément des indicateurs de bonne santé économique du pays, pour la simple raison qu’ils ne sont que des soldes intermédiaires de gestion de la comptabilité nationale et qu’ils négligent de faire apparaître la donnée essentielle, à savoir le résultat d’exploitation de l’activité globale. En effet, un solde intermédiaire de gestion n’est pas obligatoirement corrélé avec le résultat final d’exploitation, en ce sens qu’une entreprise peut très bien accuser une faible valeur ajoutée, une faible masse salariale, et de faibles dépenses mais, a contrario, un substantiel bénéfice d’exploitation. Inversement une forte valeur ajoutée, une forte masse salariale et de fortes dépenses peuvent très bien s’accompagner d’un déficit d’exploitation.

Proposition 2 : pour restituer une image probante et sincère de l’activité de la société industrielle, il est nécessaire prendre en compte des postes comptables que le seul PIB ignore volontairement, tels la diminution du stock des ressources naturelles finies, des charges exceptionnelles de déperdition de matière organique renouvelable (matières fécales, déchets alimentaires), des provisions pour régénération de la composante humique des sols arables, pour accidents et démantèlements nucléaire

Proposition 3 : afin de ne pas à présenter à leurs administrés un résultat comptable en décroissance d’une année sur l’autre, les gestionnaires de la société industrielle ont opté pour la mystification, c’est à dire confondre PIB et résultat. Ce tour de passe-passe n’est toutefois possible que dans un système où une poignée d’individus contrôle la diffusion de l’information économique, c’est à dire dans le système oligocratique actuel. En droit de l’entreprise cela s’appelle « présentation de faux bilan », cette technique étant généralement utilisée par les gestionnaires membres d’un conseil d’administration pour tromper leurs associés et espérer ainsi conserver leur mandat. Dans le cas de figure qui nous intéresse les associés sont les citoyens et les membres du conseil d’administration sont les gouvernements des différents pays.

Proposition 3bis : De la même façon que pour les mandataires d’entreprises qui dépendent du vote annuel des actionnaires, l’objectif unique des politiciens professionnels qui composent les gouvernements est de se faire élire et réélire à chaque échéance électorale par les citoyens.

Proposition 4 : Les croissancistes veulent faire augmenter le PIB, tandis que les objecteurs de croissance veulent faire diminuer le PIB. Ce faisant ces derniers, bien que ne pouvant être soupçonnés de mauvaise foi, tombent dans le piège tendus par les premiers, c’est à dire mesurer quelque chose avec un outil inadapté, ce qui engendre naturellement un raisonnement erroné.


Lieu : Maison Berty-Albrecht (Salle Charpennes) – 14, place Jules Grandclément – 691000 Villeurbanne – Metro : Gratte-Ciel ou Flachet – Bus C3, C11, C26

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