Archives de catégorie : CONFERENCES

Le municipalisme démocratique, par Christian Laurut

L’instauration de la vraie démocratie doit-elle se faire par le haut ou par le bas ? Certainement pas par le haut, car nous avons déjà constaté comment, depuis 1789, l’aspiration démocratique a été détournée en système oligocratique. Donc c’est bien évidemment par le bas que ce mouvement doit pouvoir se concrétiser, et, plus particulièrement en vue du deuxième tour prochain des élections municipales. C’est ainsi que la volonté de créer, partout en France, des Assemblées Citoyennes Locales (ACL) fonctionnant en tant que contre-pouvoirs implicites à côté des instances municipales pourrait être posée en tant qu’objectif prioritaire par tous les vrais démocrates, et ainsi préfigurer l’installation d’une démocratie citoyenne s’éloignant progressivement du principe psychorigide de la représentation. Car c’est possible, déjà et tout de suite, au niveau local, en attendant de réfléchir, dans un deuxième temps, à une mise en réseau de toutes ces assemblées locales au niveau de la fonction législative nationale. Il est à noter que ce municipalisme démocratique, actuellement porté par de nombreux mouvements alternatifs, reprend de façon comparable les thèses du philosophe de l’écologie sociale Murray Bookchin, développées il y déjà plus de trente ans.

Visioconférence de Christian Laurut, le 16 mai 2020

Le RIC, vers un renouveau démocratique, par Maric Michaud

« Le Référendum d’initiative citoyenne : comment est-il devenu la revendication phare du mouvement des Gilets Jaunes ? » Suivi d’une délibération citoyenne sur les différents problèmes et solutions à apporter concernant cette mesure démocratique, ainsi que du  rôle possible des assemblées citoyennes locales.

Conférence du 29/11/2019 au Palais du Travail de Villeurbanne. Co-organisé par Le groupe Gilets Jaunes de Villeurbanne et l’Association pour la promotion du débat citoyen. Animé par Maric Michaud, avec la participation de Raul Magni-Berton et Clara Egger, auteurs du livre : “Le référendum d’initiative citoyenne expliqué à tous“,

Pistes et repères pour une économie décroissante, par Vincent Bruyère

La première partie traitera des relations entre l’économie et la décroissance étant entendu que nous évoluons sur une planète aux ressources matérielles et énergétiques limitées. Cet énoncé simple mais étranger à la plupart des analyses économiques énonce la domination des lois physiques sur celles économiques reliées à l’activité humaine. Ce faisant ces lois physiques propulsent de nouveaux indicateurs au-devant de la scène des alternatives. Parmi ces derniers, l’empreinte écologique et le jour du dépassement constituent des références aussi universelles que planétaires. Quant aux indices de développement humain et aux indicateurs classiques, tel le Produit Intérieur Brut, ils confortent eux aussi les thèses de la décroissance. En objectivant nos pratiques de consommation ces indicateurs ouvrent la voie à la responsabilité individuelle et à la reprise en main de notre destin collectif. La seconde partie traitera notamment de la galaxie des travaux pratiques qui gravitent autour du thème de la décroissance. Du revenu de base au revenu maximum, des monnaies locales à la monnaie temps, de la théorie relative de la monnaie aux quotas de consommation, de la dotation inconditionnelle d’autonomie aux monnaies fondantes, mais aussi les banques du temps et l’impôt temps. Beaucoup d’innovations et autant de travaux  méconnus. Ces voies de recherche permettent pourtant de tracer les contours d’une production et d’une consommation soutenables pour le bien vivre de notre génération et celui des générations futures.

Conférence du 31 octobre 2019 à Villeurbanne, organisé par l’Association pour la promotion du débat citoyen, avec Vincent Bruyère, DESS de développement culturel, co-auteur de “Six chemins pour une décroissance solidaire”, conseiller info énergie auprès des particuliers.

Anthropologie de la décroissance, par Christian Laurut

Tout comme l’écologie, la décroissance a plusieurs visages. Dans les deux cas, la signification initiale du mot peut être instrumentalisée au profit de telle ou telle vision prospectiviste de la société. La décroissance, tout comme la croissance, qui n’est finalement que l’autre versant d’une seule et même montagne, plissement humain fondamentalement dépendant de la géologie, est constitutive du comportement de l’homme moderne, régissant aussi bien ses aspects biologiques, que physiologiques, évolutifs, sociaux, religieux, psychologiques, géographiques, et donc, à ce titre, peut (/doit) être étudiée d’un point de vue anthropologique. En terme plus trivial, nous dirons qu’il y a finalement assez peu de différence entre la structure de pensée de l’indien Bororo du Mato Grosso étudié par Claude Lévi Strauss en 1936 et celle de l’homo economicus étudié par Nicholas Georgescu Roegen plus récemment. Seuls les types de représentations changent, mais l’un comme l’autre, le Bororo et l’Economicus, sont mentalement conditionnés par des mythes, dont nous nous proposons de mettre en lumière les caractéristiques. C’est ainsi que, pour face ou groupe encore largement dominant des adorateurs de la croissance, (ou croyants religieux), nous pouvons identifier au moins cinq typologies différentes de décroissants : les objecteurs de croissance (ou activistes anticléricaux), les athées transitionistes, les agnostiques inquiets (ou écologistes politiques), les athées constructivistes, (ou résilients politiques) auxquelles est venue s’ajouter récemment celle des effondristes (ou collapsologues apolitiques).

Conférence de Christian Laurut le 20 décembre 2019 au Palais du travail de Villeurbanne https://christianlaurut.com/

L’écosocialisme autogestionnaire, par Thierry Brugvin

L’écosocialisme autogestionnaire repose sur 4 piliers : 1. La révolution culturelle de l’objection de croissance (opposée au productivisme), 2. L’autogestion de la propriété collective des moyens de production (opposée à la propriété privée), 3. La démocratisation de l’économique et du politique (opposée à la gouvernance globale libérale), 4. La régulation de l’économie et du marché (opposée à la dérégulation conduisant à l’accumulation capitaliste illimitée).

Conférence du 4 juillet 2019 à Lyon Villeurbanne, organisée par l’Association pour la promotion du débat citoyen, avec Thierry Brugvin, enseignant chercheur et docteur en sociologie.

A quoi sert l’Etat ? Plaidoyer pour un Etat Serviteur, par Christian Laurut

Derrière l’interrogation « A quoi sert l’Etat? » pointe son complément « A quoi l’Etat devrait-il servir ? ». La conférence explorera cette double question sous trois aspects. Premier aspect : déterminer si les missions déléguées par le peuple à l’Etat, pour autant qu’elles soient définies clairement et sans ambiguïté dans la constitution, sont aujourd’hui correctement remplies. Deuxième aspect : savoir si ces missions telles qu’elles sont assignées, sont bien celles qu’un peuple adulte, libre et responsable et surtout, souverain, se devrait de confier à une entité chargée de le représenter. Enfin, troisième aspect :  comment passer de la logique actuelle d’Etat-Tout-Puissant à une future logique d’Etat-Serviteur, afin que cette mutation réponde bien à la double exigence de la démocratie et de l’efficacité.

Conférence de Christian Laurut le 6 février 2020 au Palais du travail de Villeurbanne https://christianlaurut.com/

Que mangerons-nous demain et comment ? par Paul Ariès

Une double révolution alimentaire : 1. Que mangerons nous demain ? 2. Comment mangerons nous ? Nous vivons aujourd’hui une double révolution alimentaire : la première est celle du contenu de l’assiette avec les OGM, les alicaments, les aliments restructurés, les nanoaliments, l’irradiation des aliments, les biotechnologies alimentaires, etc…. Le maître mot de cette révolution industrielle est la dénaturation des aliments. La seconde révolution concerne nos façons de manger. On mange de plus en plus n’importe quoi, n’importe comment, n’importe quand, n’importe où et avec n’importe qui… Le maître mot de cette révolution est la désymbolisation et la déritualisation de la table.

Conférence du 6 juin 2019 à Lyon Villeurbanne avec Paul Ariès, organisée par l’Association pour la promotion du débat citoyen,

Qu’est-ce que la démocratie directe ? par Christian Laurut

Le terme « Démocratie Directe » est un pléonasme nécessaire. Pléonasme d’abord, parce que le mot démocratie signifie déjà en lui même un système d’organisation sociale dans lequel le peuple possède directement le pouvoir. Nécessaire ensuite, parce que le terme démocratie a été détourné de sons sens initial, après la révolution de 1789, par une minorité oligarchique qui en a construit un synonyme trompeur dénommé démocratie représentative. En réalité, cette « démocratie représentative » n’a rien d’une démocratie. C’est, juridiquement parlant,  une oligocratie, c’est à dire un système qui établit le pouvoir d’un groupe restreint sur l’ensemble de la collectivité. Pour établir une vraie démocratie, c’est à dire la « démocratie directe » (qui n’a encore jamais été instituée dans aucun pays), il conviendrait d’envisager une modification en profondeur des institutions actuellement en vigueur. Cette modification constituerait un progrès social incontestable en positionnant enfin le citoyen au centre de l’organisation collective. Après le remplacement de la monocratie par l’oligocratie, le remplacement de l’oligocratie par la démocratie directe marquerait également une évolution logique de la trajectoire politique des sociétés humaines.

Conférence de Christian Laurut le 21 novembre 2019 au Palais du travail de Villeurbanne https://christianlaurut.com/

Pour une critique globale de la technique, par Jean-Luc Pasquinet

Pourquoi faut-il passer d’une critique partielle à une critique globale de la technique et qu’est-ce que cela signifie ? Cette conférence traitera notamment du “bluff nucléaire”, c’est à dire des impasses dans lesquelles il nous a amené, et surtout des fantasmes quant à son arrêt. Elle abordera également la question climatique afin d’expliquer pourquoi le nucléaire ne peut pas constituer une solution, eu égard à sa marginalité dans le mix énergétique mondial (à peine 2 % de la consommation finale d’énergie). On pourrait en effet le remplacer par des centrales fossiles sans que cela ait un impact significatif sur la destruction du climat, la cause de celle-ci résidant plus dans une culture de la démesure, dans le pétrole et son monde. On ne pourra pas résoudre le problème climatique uniquement avec des mesures techniques (fermeture des centrales thermiques fossiles par exemple, comme l’ont fait les gouvernements en France, pays- hôte de la COP21 en 2015, et où  pourtant les émissions de CO2 ont crû de 6,8 % entre 2015 et  2017), mais d’abord en changeant de civilisation : décroissance, sobriété, relocalisation, culture  s’inspirant des « cultures de flux » dominées par le vent et le soleil et où l’on acceptait les «interruptions » de production quand il n’y avait pas de vent. N’oublions jamais qu’il n’existe pas aujourd’hui de moyens sûrs, fiables et reproductibles pour stocker l’électricité et qu’il nous faudra faire coexister du renouvelable « fiable » (barrages, biomasse, peut-être éolien maritime ?…) et du renouvelable « non-fiable » (éolien terrestre et solaire notamment), avec aussi un peu de thermique fossile, pour produire notre électricité dans une société post-crise climatique.

Conférence à Lyon Villeurbanne le 14 mai 2019, avec Jean-Luc Pasquinet, porte-parole des objecteurs de croissance Ile-de-France, organisée par l’Association pour la promotion du débat citoyen


Gilets Jaunes : réformisme ou révolution ?

Plus qu’un mouvement politique, les Gilets Jaunes sont un phénomène de société. Né d’une colère populaire légitime à défaut d’être légale, il éveille les consciences et libère les paroles. Ce phénomène secoue toutes les strates sociales et surtout celles qui ne demandent pas à l’être. Il n’a pas encore de forme précise, celle-ci devant se dessiner en fonction des forces qui se l’approprieront. Mais en dépit de son caractère original, voire de jamais-vu, il n’échappe pas à la dualité historique des mouvements sociétaux déchirés entre la volonté révolutionnaire et le désir réformiste. Dans le cas des Gilets Jaunes, une originalité supplémentaire réside dans le fait que la tendance qui semble révolutionnaire, c’est à dire les manifestations de rue médiatisées, s’inscrit en réalité dans une trajectoire réformiste, et que la tendance qui semble réformiste, c’est à dire le travail de réflexion en salle ignoré du grand public, poursuit en fait un véritable objectif révolutionnaire. Ces deux injonctions contraires et complexifiées sont-elles de nature à engendrer une dérive schizophrénique, similaire au double-bind de Gregory Bateson ? Comme en psychologie, la solution viendra de la clarification.

Conférence du 3 octobre 2019 au Palais du travail de Lyon Villeurbanne animée par Christian Laurut, chercheur indépendant en économie politique et organisation sociétale. Membre du comité d’organisation de l’assemblée des assemblées  de Montceau-les-Mines (ADA3).

Vers une société de la gratuité, par Paul Ariès

La gauche est convaincue depuis un siècle qu’il faut d’abord faire croître le gâteau (PIB) avant de le partager. Ce principe est illusoire et fautif.  La croissance est toujours génératrice d’inégalités sociales. Elle casse les cultures populaires et toutes les formes protosocialistes d’existence. Le grand combat c’est de (re)développer les biens communs, de redevenir des partageux. Les gauches antiproductivistes proposent pour cela de mettre la question de la gratuité (donc celle des communs) au cœur de nos réflexions mais aussi de nos combats. La gratuité c’est déjà bon socialement puisque c’est une réponse concrète à l’urgence sociale, c’est une réponse au mouvement de « démoyennisation de la société ».  C’est une façon de réapprendre à définir les besoins sociaux à partir de la valeur d’usage.

Conférence du 4 avril 2019 à Lyon Villeurbanne, organisée par l’Association pour la promotion du débat citoyen, avec Paul Aries, politologue, directeur de l’Observatoire international de la gratuité